Interview : du foot amateur au Stade de Reims grâce à la formation analyste vidéo de l’EMF
Témoignage d’un ancien élève de l’EMF devenu analyste vidéo professionnel : son parcours, sa méthode et son regard sur la formation analyste vidéo football.
1. Avant ta formation d’analyste vidéo, comment travaillais-tu concrètement dans ton club amateur — quels étaient tes outils, ta méthode, tes limites ?
Avant la formation analyste vidéo, j’avais des connaissances très succinctes de ce métier. On avait accès à une Veo, on l’utilisait surtout pour filmer les matchs. Je faisais des retours de matchs en notant le temps des séquences sur un petit bloc-notes, avant de les montrer aux joueurs grâce à un vidéoprojecteur sur un mur blanc.
2. Qu’est-ce qui t’a convaincu qu’une formation spécialisée dans l’analyse vidéo football était indispensable pour passer au niveau professionnel ?
Au début, on pense connaître et maîtriser pas mal de choses pour faire ce métier, mais en creusant un peu sur ce qui se fait dans ce genre de formations, on se rend vite compte qu’il y a énormément de compétences techniques, tactiques et logicielles que l’on ne peut pas acquérir seul. C’est ce constat qui m’a poussé à intégrer une vraie formation analyste vidéo football, pour être réellement opérationnel à un niveau professionnel.
3. À l’époque où tu étais licencié à l’Entente Sportive Pays d’Uzès, est-ce que tu pensais réellement qu’un analyste vidéo issu du monde amateur pouvait intégrer un staff professionnel ?
On a tous, ou du moins pour la plupart, eu ce rêve de devenir footballeur professionnel. Là, c’est un peu la même chose : je me suis lancé en me disant que je voulais atteindre le haut niveau, mais je ne m’attendais pas forcément à rejoindre un club pro comme le Stade de Reims et à y être depuis 3 saisons maintenant.
4. Concrètement, qu’est-ce que la formation analyste vidéo de l’EMF t’a appris que tu n’aurais pas pu acquérir seul, en autodidacte ou sur YouTube ?
L’EMF m’a apporté des compétences solides sur le logiciel utilisé durant la formation, ainsi que des notions tactiques plus poussées grâce à l’intervention de Karim Mokeddem. Le fait d’échanger avec les autres élèves et avec les personnes rencontrées durant mon stage représente une richesse que je n’aurais pas pu avoir en autodidacte ou sur YouTube.
5. Quels sont les modules ou les compétences de la formation qui t’ont été les plus utiles dès tes premières semaines dans un staff professionnel ?
Comme je le disais, l’intervention de M. Mokeddem m’a ouvert les yeux sur certains aspects de la compréhension du jeu. Florian, le formateur, a été très utile pour qu’on comprenne rapidement le logiciel, ce qui m’a permis d’arriver dans mes premières semaines de stage en étant prêt à bosser.
6. Si tu devais expliquer la méthode de l’EMF à quelqu’un qui hésite entre plusieurs formations analyste vidéo football, tu lui dirais quoi ?
Ce que j’ai aimé avec l’EMF, c’est le fait d’être rapidement en stage, ce qui permet d’être directement dans le bain : chacun peut progresser et se développer à sa vitesse. Les semaines de stage sont bien réparties, ce qui permet de faire un point régulier sur son évolution.
7. Comment s’est concrètement passée ta première intégration dans un staff professionnel — est-ce que la formation t’avait vraiment préparé à cette réalité ?
Ma première intégration s’est bien passée. J’ai tout de suite été mis à l’aise par le coach et les autres membres du staff. Au fur et à mesure, on apprend à se connaître et on essaie d’être de plus en plus en adéquation avec ce que le coach veut et demande. Lors de notre première semaine de formation, dans les premiers jours, Florian nous a expliqué et donné 2 ou 3 tips sur la façon dont ça se passe dans un staff, etc.
8. Quelle est la différence la plus frappante entre le travail d’analyste vidéo dans un club amateur et dans un club professionnel comme La Berrichonne ou le Stade de Reims ?
Dans un club pro, tout est plus poussé : on va plus dans les détails, dans les retours collectifs, individuels et dans la présentation de l’adversaire. La qualité des infrastructures et du matériel fait également la différence : quand tu es dans un club pro, tu as accès à du bon matériel pour bien bosser.
9. Aujourd’hui en Pro B au Stade de Reims, à quoi ressemble une semaine type d’un analyste vidéo dans un club professionnel ?
La trame des semaines se ressemble, mais le contenu est différent à chaque fois. De manière générale, on joue le samedi. Si on joue à l’extérieur, je profite du trajet pour commencer à faire les paquets vidéo et séquencer le match ; si on joue à domicile, je le fais directement au bureau après le match. Je prépare ensuite un résumé avec les meilleures actions. Le lendemain, je finis les séquençages collectifs et individuels. Le lundi/mardi, je prépare les retours collectifs qu’on va montrer aux joueurs, ainsi que les retours individuels. Vers le mercredi, je prépare la présentation de l’adversaire du week-end. Je participe également aux séances d’entraînement quotidiennes : j’essaie d’être présent pour la captation des entraînements et, quand ce n’est pas le cas, je donne un coup de main dans l’animation. Ensuite, en fonction de ce qu’on travaille ou recherche, je peux avoir des missions supplémentaires dans la semaine.
10. Pour un entraîneur ou un directeur sportif qui lit cet article : c’est quoi la vraie valeur ajoutée d’un analyste vidéo formé, à n’importe quel niveau du football ?
Aujourd’hui, l’analyste vidéo est de plus en plus intégré aux staffs, que ce soit dans un staff technique ou dans un pôle recrutement. On voit de plus en plus d’analystes vidéo sur les séances d’entraînement. Je pense que parfois, les directeurs sportifs ou les coachs ne savent pas forcément ce qu’on fait ou comment on travaille, parce que ça reste un métier encore en plein essor. Pourtant, l’analyste vidéo peut être un vrai soutien pour le DS sur le recrutement, grâce aux nombreux matchs regardés sur une saison. Généralement, au fil des matchs visionnés, on identifie un joueur ou deux qui nous semblent intéressants. En tant qu’analyste vidéo, je pense qu’on doit être en mesure d’apporter le maximum de réponses aux questions que le coach se pose, que ce soit par des réponses vidéo ou par des données statistiques. Pour moi, un coach a aujourd’hui tellement de choses à gérer — un coup entraîneur, un coup manager, etc. — qu’il faut pouvoir le décharger : savoir comment l’adversaire joue, être capable de faire une analyse complète du match du week-end en étant en adéquation avec ses attentes.
11. Quels sont selon toi les logiciels d’analyse vidéo football les plus importants à maîtriser pour intégrer un staff professionnel aujourd’hui ?
Il faut savoir maîtriser au mieux le logiciel vidéo qu’on utilise : SportsCode, Once Video Analyser ou d’autres. Maîtriser également un tableur, connaître les formules et automatiser ses données peut être un vrai gain de temps et une avancée dans son travail. Il faut aussi être à l’aise avec un logiciel de montage comme Studio ou LiveTagPro, pour dessiner sur les séquences, les rendre plus agréables à regarder et mieux faire passer son message. Il existe d’autres outils où avoir quelques bases n’est pas négligeable, comme les logiciels ou sites de données : Wyscout, StatsBomb, etc.
12. Est-ce qu’il y a des erreurs classiques que font les jeunes analystes vidéo quand ils intègrent leur premier staff pro — des choses que la formation t’a aidé à éviter ?
Oui, forcément. Au début, on essaie de tout faire parfaitement, on ne veut rien rater, du coup on séquence tout, on analyse tout, dans sa fenêtre de code on met des dizaines et des dizaines de boutons, on perd du temps et on est moins précis. Au fur et à mesure des saisons, tu réduis tout ça pour te rapprocher et être plus précis sur ce que le coach demande exactement, afin d’aller le plus vite à l’essentiel.
13. Pour quelqu’un qui cherche une formation analyste vidéo football et qui hésite encore à se lancer, quel message tu lui envoies ?
Je lui dirais de se lancer s’il veut vraiment bosser dans le foot. Ça a beaucoup d’avantages — on fait ça parce qu’on est passionné — mais il y a également des inconvénients qu’il faut connaître pour ne pas être surpris. Ça demande beaucoup de travail, de l’investissement, et un équilibre vie sociale / vie professionnelle pas toujours facile à trouver. Mais ça reste un très beau métier où l’on vit des choses et des moments exceptionnels. Il ne faut pas hésiter : ce sont souvent les opportunités qui font l’homme que nous devenons. Si tu as l’opportunité et l’envie de faire la formation, fais-la : dans tous les cas, tu y gagneras quelque chose, même si ça ne devient pas ton métier.
14. Est-ce que selon toi l’analyse vidéo est un métier d’avenir dans le football français — même pour les clubs de niveau amateur ou semi-professionnel ?
Un métier d’avenir, oui, parce que pour moi on est en retard sur ce sujet dans le foot français. On a du retard par rapport à l’Angleterre par exemple, ou même par rapport au rugby, où l’on voit qu’ils sont déjà 3, 4, 5 analystes par équipe. Mais comme je le disais plus tôt, les analystes sont de plus en plus « reconnus » et intégrés dans un staff, donc je pense qu’on tend vers la bonne direction, même s’il y a encore du chemin à faire. On voit également de plus en plus de clubs amateurs se développer en intégrant des stagiaires dans leurs staffs et en intégrant de plus en plus la vidéo : c’est une très bonne chose.
15. En une phrase : qu’est-ce que la formation EMF a changé dans ta carrière dans le football professionnel ?
Tout simplement, la formation analyste vidéo de l’EMF m’a permis d’être là où j’en suis aujourd’hui : elle m’a donné accès à un cursus d’une grande richesse, qui m’a ouvert les portes d’un premier club professionnel.
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